n°4 - décembre

La nécessité de locaux adéquats, vastes et résistants, se fait sentir de jour en jour et tous les projets de l’A.S.B.L. Musée de l’Imprimerie sont tributaires d’un emménagement plus fonctionnel et plus spacieux, d’un bâtiment
- idéalement une ancienne imprimerie - où l’on pourrait faire fonctionner certaines des presses et, surtout peut-être, les présenter selon leur aspect technique, dans un ordre chronologique moins bousculé qu’à la Bibliothèque royale.
Ainsi le musée de l’Imprimerie pourrait insister sur l’aspect documentaire, voire pédagogique, de ses collections et attirer des visiteurs qui ont souvent quelque crainte à franchir le seuil de la Bibliothèque royale. Des vitrines et
des panneaux montreraient les étapes de la réalisation d’un livre, à partir de la fabrication du papier jusqu’à la reliure et à la dorure, en évoquant au passage les types, qualités et formats des papiers, le pliage et la couture, par exemple. En outre, les techniques d’impression seraient illustrées par des schémas et par la présentation des différents types de matrices (xylographie, typographie, bois de bout, bois de fil, lino, burin sur cuivre, pointe sèche, eau-forte, aquatinte, lithographie, offset...) et leur résultat sur le papier.
Les projets sont multiples. Sont-ils utopiques ?
Nous ne le croyons pas. Déjà des organismes ministériels et des institutions régionales ont promis leur appui. A moyen terme, le musée de l’Imprimerie pourra disposer, nous l’espérons, d’un bâtiment autonome où il sera possible de faire fonctionner une presse à bras, une presse à cylindre, une linotype.
Il est permis de rêver... Un jour, ces presses en activité imprimeront-elles, comme à Anvers, chez Plantin, ou à Ambert, aux Moulins Richard de Bas, des textes sur papier de luxe dont la vente pourrait faire vivre le musée ? On connaît
le sonnet de Plantin, tiré à des milliers d’exemplaires ; on sait le succès des papiers d’Auvergne, à fleurs ou à fougères, fabriqués dans cette délicieuse petite vallée d’Ambert, immortalisée par Jules Romains dans Les Copains. Pourquoi ne pas croire que le musée de l’Imprimerie pourrait éditer, en feuilles libres, un écrit, un poème de chacun de nos écrivains, français ou néerlandais, de Belgique, de manière à constituer une luxueuse anthologie réalisée progressivement, à tirage limité, et que se disputeraient les visiteurs quelque peu poètes ou bibliophiles ? Les droits d’auteur ? Pourquoi ne pas associer les écrivains à cette initiative et négocier le règlement de ces droits, en nature, par une part numérotée du tirage ?
De même, des associations culturelles, sans but lucratif et sans ressources, pourraient tirer ou faire tirer sur les presses plates du musée des affiches artisanales.
Ainsi, le musée ne serait plus une chose morte, recueillie dans les froids couloirs de marbre d’une bibliothèque scientifique respectable, mais un centre actif, où les machines continueraient à vivre, où des artistes débutants, voire des profanes et des enfants en quête de délassements intelligents, pourraient tirer eux-même ou faire tirer leurs linos gravés. Le contact avec la machine serait alors total, la matière ne serait plus une chose inerte qu’on ne sait comment manipuler. Une visite au musée de l’Imprimerie serait à jamais marquée dans le souvenir de ceux qui l’auraient vu vivre quelques heures ou fait vivre quelques instants.

[1Par civilisation, il faut entendre l’ensemble des créations qui ont permis à un groupe humain de survivre et de se développer dans des conditions données.



















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