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B) SOURCES, EAUX ET BAINS

On attribue aux cochons de la Neuvelle-les-Coiffy, la découverte des sources de Bourbonne, et à cette découverte, le privilège des habitans de ce village, qui ont le droit d’user des eaux de toute manière sans rien payer.

MM. Venel et Monnet ont fait séparément et à plusieurs années d’intervalle l’analyse des eaux. Leurs résultats se sont exactement rapportées.

Une attention qui n’est pas à négliger, c’est d’y employer des vaisseaux de verre. Les vaisseaux vernissés de terre, de plomb, se laissent attaquer, et les produits ne sont plus exacts.

Sur une livre d’eau l’analyse a donné 63 grains de sel marin à base alkaline.
4 3/4 de sélénite.
2 grains de terre absorbante.

Nul vestige de fer, si ce n’est dans les boues où ce fer peut provenir de végétaux pourris ; point de sel de Glauber pas plus de sel marin à base terreuse.

Renfermées dans un vase clos hermétiquement, ces eaux se gardent inaltérées. Exposées à l’air libre, elles se putréfient et prennent l’odeur d’œuf pourri.

Ceux qui ont habité les bords de la mer, reconnaissent à l’évaporation qui s’attache à leurs lèvres, la même saveur qu’aux eaux de Bourbonne.

Les eaux présentent à ceux qui entrent dans les bains, une odeur de foie de soufre assez forte ; mais y a-t-il ou n’y a-t-il point de soufre ? C’est une autre question. Voici des faits qui semblent contradictoires et sur lesquels on ne peut également compter.

M. Chevalier, chirurgien du lieu, homme véridique et instruit, m’a assuré qu’une cuillère d’argent suspendue à la vapeur du puits, ne se noircissait pas, et qu’un nouet de litharge et de céruse ne s’y ternissait pas.

Ma sœur m’a assuré qu’au retour des bains, les eaux qu’elle avait apportées en bouteilles, et qu’elle réchauffait au bain-marie, dans un gobelet d’argent, noircissaient fortement ce gobelet, et l’on peut compter sur son témoignage.

Au reste, il n’est pas rare que des eaux exhalent une très forte odeur de soufre, sans qu’on en puisse obtenir un atome. Ce gaz subtile, ainsi que beaucoup d’autres, s’échappe même à travers le verre ; c’est un caractère qu’il a de commun avec la lumière. La lumière est sensible à la vue ; le gaz à l’odorat ; tous deux sont incoercibles. Combien d’agens ignorés dans la nature. Combien de causes de phénomènes sensibles, qui n’ont pas même de rapports avec nos sens. Autre animal. Autre chimie. Autre physique. Ce que l’un écrivait, ne serait pas même intelligible pour l’autre, et puis soyez bien dogmatiques.

La boue des bains noircit l’argent et la céruse ; mais sans aucun autre caractère sulfureux.

Cette boue est un mélange de sable fin, ferrugineux et de débris de végétation : séchée, l’aimant la met en mouvement. Le fer y est si sensible que l’acide vitriolique ou nitreux en dissout une assez grande quantité, ainsi que d’une terre absorbante qui y abonde.

On demande d’où viennent les eaux thermales de Bourbonne : qui le sait ? Qui sait à quelle profondeur de terre elles s’échauffent, à quelle distance nous sommes de leur foyer, ce qu’elles ont duré, ce qu’elles dureront, quelles qualités elles prendront successivement ?

Une observation assez générale, c’est que partout où il y a des eaux thermales, on trouve des carrières de gypse, et que les meilleurs chimistes attribuent la formation du gypse à l’acide vitriolique séparé de substances pyriteuses décomposées et absorbé par des couches calcaires, je crois, qui se sont trouvés au-dessous.

[1A la fin du livre se trouvent : un tableau chronologique des principaux épisodes de la vie de Darwin ; une chronologie du voyage sur le Beagle, une carte avec le tracé des expéditions terrestres de Darwin, l’arbre généalogique des familles Darwin, depuis Erasmus, et Wedgwood, depuis Josiah, ainsi qu’une bibliographie comprenant les œuvres de Darwin, des biographies et des études sur l’évolution en général.

[2Il faut citer une préface de 40 pages de J. Riera, qui se place dans le contexte du concept d’évolution et en retrace l’histoire. On y trouve également quelques indications sur D. Papp et sur ce livre.

[3L’année 1982 a vu la célébration du centenaire de la mort de Darwin ; il n’est pas inutile de souligner que l’ouvrage a paru en 1983.



















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