9(1)suite

Le choix du personnel est important, car une autre mentalité doit être instaurée. Aussi l’ancien personnel n’est en principe pas réengagé, sauf le personnel technique et les guides qui, de préférence, seront des anciens ouvriers. Le contact avec la clientèle, la recherche de nouveaux clients, la découverte de nouvelles attractions sont importants.

L’expérience vécue au charbonnage de Blegny-Trembleur montre les problèmes que l’on rencontre lorsque l’on transforme une industrie en complexe touristique. Pourtant l’ASBL qui fut le promoteur de cette idée avait déjà depuis
quelques années l’expérience touristique et elle connaissait sur une plus petite échelle les problèmes de ce secteur.

En effet, le charbonnage de Blegny-Trembleur en 1973 autorise l’exploitation de la ligne vicinale Blegny-Warsage par l’ASBL Comté de Dalhem qui veut faire découvrir par un moyen original de transport le Pays de Herve si méconnu des touristes. C’est ainsi que naquit « Li Trimbleu ». Rapidement l’ASBL complète cette exploitation par l’apport d’une plaine de jeux et d’un musée à Mortroux montrant la vie régionale, la fabrication du fromage de Herve, ainsi qu’une collection de charrettes. Au charbonnage, départ du train touristique, on construisit un restaurant.

En 1977, l’annonce de la fermeture du charbonnage prévue pour 1980 rendit inquiets les responsables de l’ASBL quant à leur avenir. Profitant de l’ouverture faite par Monsieur le Gouverneur de la Province de Liège qui désirait maintenir le souvenir de l’industrie charbonnière dans la région liégeoise, les dirigeants de l’ASBL proposèrent le maintien du charbonnage de Blegny- Trembleur non plus en extrayant du charbon, mais en l’aménageant dans le but de visiter. Avec l’aide de la Fédération du Tourisme de la Province de Liège et du Commissariat Général au Tourisme, ces dirigeants parvinrent à surmonter tous les obstacles qui furent nombreux et convaincre la Province de Liège et la Communauté Française du sérieux du projet et de son intérêt.

En 1979, les autorités provinciales décidèrent le rachat des installations du charbonnage et en 1980, la Communauté Française décida elle aussi d’investir.

Le Charbonnage ferma ses portes le 31 mars 1980 et les touristes descendirent pour la première fois le 1er juin de la même année.

Le Roi inaugura officiellement les installations en présence de nombreuses personnalités le 6 juillet 1980.

Depuis lors un long chemin fut parcouru, non seulement en améliorant le visite elle-même par l’ajout de machines en mouvement, en y incluant la visite d’une partie des installations de surface, mais surtout en y ajoutant toute une série de distractions .

Le Complexe présente à sa clientèle une série d’attractions tel que golf miniature, go-kart, kart-cross, bi-cross, plaine de jeux, ainsi qu’un engin unique en Europe qui permet de monter sur le terril et de découvrir un splendide panorama.

Le but principal des promoteurs étant de maintenir l’image réelle du travail du mineur, la présentation didactique du complexe apparut comme un élément important. Aussi depuis deux ans une équipe d’enseignants rédige des documents qui permettent non seulement aux enseignants de préparer la visite, mais également aux enfants de travailler avec des cahiers pédagogiques préparés à leur intention. Pour la saison scolaire 1985-1986, le livre du maître ainsi que les cahiers des trois degrés de l’enseignement primaire sont à la disposition des écoles qui veulent visiter le charbonnage. Les manuels destinés à l’enseignement secondaire seront prêts dans le courant de l’année 1986. Des classes vertes sont également organisées dès septembre 1985 ; elles permettront non
seulement la découverte du charbonnage, mais également une approche du Pays de Herve.

L’archéologie industrielle fait partie du patrimoine au même titre que les œuvres d’arts ou les monuments. Elle a en plus l’avantage de nous parler de nos aïeux, de nous montrer comme ils vivaient avec leur peine, leur joie, et surtout comment ils ont forgé notre présent.

L’archéologie industrielle ne consiste pas à conserver des sites ou des collections uniquement pour les chercheurs ou les spécialistes, elle doit être conçue surtout pour être mise à la disposition du grand public. D’autres sites doivent être sauvés et exploités et nous pensons que l’exemple du charbonnage de Blegny- Trembleur peut aider à susciter ces sauvetages.

[1On peut cependant considérer comme dignes d’étude et de conservation certains bâtiments administratifs particuliers, comme par exemple un bureau de postes.

[2Par exemple, et pour se limiter au domaine français :
E. Carles, Une soupe aux herbes sauvages, s.l., 1977 ; A. Sylvère, Toinou, le cri d’un enfant auvergnat, Paris, 1980 réécrit par J. Malourie. Dans un autre registre, M. Gray, Au nom de tous les miens, Paris, 1971 réécrit par Max Gallo ou P.J. Helias, Le Cheval d’orgueil, mémoires d’un Breton du pays bigouden, Paris, 1975.

[3cf. l’excellente introduction à la problématique de l’histoire orale de J.P. Rioux, Histoire orale : essor, problèmes et enjeux, dans Cahiers de Clio, 75-76, 1983, pp. 29-48, parue dans un numéro thématique consacré à l’histoire orale appliquée à l’enseignement ; R. Thompson, Historiens et histoire orale dans Mémoires collectives. Actes du Colloque d’octobre 1982, Bruxelles, 1984 pp. 281-295. Voir aussi l’exposé systématique de J. Poirier, S. Clapier-Valladon, P. Raybaut, Les récits de vie. Théorie et Pratique, Paris, 1983 ainsi que H. Gaus, B. De Graeve, F. Simon, A. Verbruggen-Aelterman, Alledaagsheid en mondelinge geschiedenis, Gent, 1983.

[4Citons ici quelques ouvrages-cadres pour l’interprétation de la mémoire orale : M. Halbweghs, Les cadres sociaux de la mémoire, Paris, 1975 (réed.) ; A. Leroy-Gourhan, Le geste et la parole, 2 vol. Paris, 1965 ; P. Bourdieu, Ce que parler veut dire, Paris 1982 R. Thompson, The voice of the past, Oxford, 1978. Voir aussi divers textes édités dans Mémoires Collectives, Actes ... op. cit. P. Charaudeau Langage et discours. Paris 1983.

[5Par exemple, en Belgique, les réalisations du laboratoire Paul Brien d’Etude de l’Environnement à Treignes (ULB) et du Musée de la Pierre à Maffle (cf. Mémoires collectives, op. cit., et Cahiers de Clio, op. cit.).

[6C. Billen, Le portrait du patron, texte présenté au Ve Congrès international d’histoire orale à Barcelone, 1985.
Voir aussi D. Voldman, Entretiens avec les reconstructeurs, Contribution à l’étude d’un groupe de décideurs (France 1940-1950), Documents du Congrès cité ci-dessus, pp. 497-504 ; A. Pinol, Transformation du travail et histoire orale. L’exemple de la rationalisation aux usines Berliet pendant l’entre-deux-guerres, 4e Colloque International d’histoire orale, Aix en Provence, 1982, pp. 507-519.

[7 Moniteur belge du 31 décembre 1980.

[8Moniteur belge du 15 août 1980.

[9Moniteur belge du 5 septembre 1931.

[10Moniteur belge du 10 septembre 1976.

[11 Arrêté du 7 août 1976.

[12Arrêté du 30 juin 1982.

[13Arrêté du 14 mars 1979.

[14Arrêté du 16 octobre 1975, avec extension le 7 juillet 1976.

[15 Arrêté du 17 avril 1980.

[16Arrêté du 24 mars 1978.

[17Arrêté du 1er juin 1978.

[18Arrêté du 7 novembre 1978.

[19 Arrêté du 13 octobre 1980.

[20Arrêté du 30 juin 1982.

[21Arrêté du 20 mai 1983.

[22Cet article doit beaucoup à celui qui a été publié par Mme Ghislaine De Bièvre, Directeur de l’Administration du Patrimoine culturel dans le n° 1 (4ème trimestre 1984) de Patrimoine Industriel (Bulletin trimestriel de l’A.S.B.L. « Patrimoine industriel Wallonie-Bruxelles ») pp 8-9, sous le titre « Activités de la Communauté française en matière d’archéologie industrielle ».

[23De wet van 7.8.1931 op he ! behoud van monumenten en landschappen bepaalde het behoud van wat in historisch, artistiek of wetenschappelijk opzicht van nationaal belang was. Het decreet van 1976 kadert in deze wet, die geldig blijft voor de Brusselse Agglomeratie en voor de bescherming van landschappen.

[24In 1972 wordt de Rijksdienst voor Monumenten- en Landschapszorg (R.M.L.Z.) opgericht.
Deze dienst wordt operationeel vanaf 1973.
De Koninklijke Commissie voor Monumenten en Landschappen - Nederlandstalige Sectie - stelt zich onmiddellijk positief op tegenover de industrieel-archeologische beschermingsvoorstellen van de R.M.L.Z. In 1983 wordt de R.M.L.Z. in de Vlaamse Administratie opgenomen onder de benaming : Bestuur Monumenten en Landschappen (B.M.L.). Het B.M.L. bezit een « afdeling industrieel erfgoed », opgericht in 1977.

[25Het industrieel erfgoed wordt systematisch opgenomen in de inventarissen « Bouwen door de eeuwen heen, in Vlaanderen », uitgegeven door het Ministerie van Cultuur.
Het samenstellen van gedetailleerde tematische inventarissen per bedrijfstak, zou echter de evaluatie van het industrieel erfgoed in hoge mate vergemakkelijken.

[26De subsidiëring gaat van 30/50 % (privé-initiatief) tot 60 % (overheidsinitiatief). Het Besluit van 30.3.83 bepaalt de erkennings- en betoelagingsmodaliteiten voor herwaarderingsgebieden.

[27De subsidiëring wordt geregeld door het « decreet houdende de bekrachtiging van het Besluit van de Vlaamse Executieve van 1 juli 1982 tot bepaling voor het Nederlandse taalgebied van de verdeling der kosten voor werken aan beschermde monumenten dd. 17.11.1982 ».

[28Besluit van de Vlaamse Executieve dd. 27.3.85 (ter vervanging van het Min. Besluit van 21.10.80).
Uitzonderlijk kan deze som tot 2.000.000 F opgetrokken worden.

[29Zie hierover : Witboek van het Cultureel Onroerend erfgoed, Koning Boudewijnstichting, Brussel 1981, pp. 37 e.v.

[30Wet van 29.3.1962 houdende organisatie van de Ruimtelijke Ordening.
- Koninklijk Sesluit betreffende de inrichting en de toepassing van de ontwerpgewestplannen en gewestplannen van 28.12.1972.

[31Zie hierover : Algemeen Reglement van de Arbeidsbescherming (ARAB), Titel I.

[32Deze gevallen kunnen bijvoorbeeld op advies van het Bestuur Monumenten en Landschappen worden aangeduid.

[33Hiervan bestaan er spontane voorbeelden zoals : SANTENS N.V., Watermolenweg 2-4 te Oudenaarde, gevestigd in een textielfabriek van rond 1900

[34Zie hierover J. Verhelst, De archiefwet en haar uitvoering, in : Monumenten en Landschappen, 2e jg. nr. 6 nov.-dec. 1983.

[35Over Europese regelingen kunnen wij het vooralsnog nog niet hebben. Dit valt buiten het bestek van dit artikel.
Wel willen wij verwijzen naar de regelingen in het kader van het Europees Fonds voor Regionale Ontwikkeling : bepaalde tewerkstellingsprojecten kunnen hiermee gesubsidieerd worden, wat voor het industrieel erfgoed een laterale steun kan betekenen. Waarom zouden aldus projecten, die oudere of ambachtelijke technieken op economische basis toepassen, niet kunnen gepromoveerd worden ?
Ook hiermee is de industriële archeologie uiteraard gebaat.

[36Comité d’Information et de Liaison pour l’Archéologie, l’Etude et la Mise en valeur du Patrimoine industriel, 48, rue Saint-Lambert, F-75015 Paris.

[37Voir ci-dessus : Jacques Liébin, Le patrimoine immobilier.

[38Bois-du-Luc 1685-1985, Ecomusée régional du Centre, La Louvière, 1985, 180 pages.

[39Rue de la Colonne, 1 à 1080 Bruxelles.

[40Au Bois-du-Luc, un Centre de Recherche en Fonderie a été installé dans l’ancienne fonderie du charbonnage.

[41
La rénovation des Carrés du Bois-du-Luc, malgré sa lenteur, nous paraît un bon exemple de réhabilitation d’un habitat ouvrier ancien (1838-1853).

[42Ecomusée de Fourmies-Trélon (France), rue François Deleplace, F-5910 Fourmies.

[43Linters A. ea. Industriële Archeologie-Renovaties, Gent 1985.

[44 Kidney W.C. Tamera Stichting vzw. mededelingsblad nr. 1 jrg. 1 p. 3-14, Hasselt 1974.

[45 Wissels R., Een industrieel-archeologisch museum te Hasselt in Hasselt tussen korrel en
borrel Hasselt, 1981, p. 79-84.

[46Kidney W.C. Working Places. The adaptive use of industrial buildings ; 1976.

[47 Kidney W.C. Historic preservation of engineering works, New York 1978.

[48Alfons Thijs, Industrial archaeology as a branch of the study of the history of material culture, some theoretical and methodological considerations, dans Revue Belge d’Histoire Contemporaine, t. VI, 1975, 1-2, pp. 145-157.
J. Pazdur, L’histoire de la culture matérielle en Pologne, dans Annales, Economies, Sociétés, Civilisations, t. 17, 1962, pp. 75-84.

[49J. Liébin, Le site industriel du Bois-du-Luc, base de l’Ecomusée régional du Centre, dans Bois-du-Luc 1685-1985, La Louvière, 1985, pp. 127-129 (la notion d’Ecomusée).

[50The Institute of Industrial Archaeology. Master’s and diploma courses, Ironbridge Gorge Museum, Ironbridge, Telford, Shropshire TF8 7AW, U.K,

[51T. O’Driscoll. Tourisme et patrimoine. In Forum, Conseil d’Europe, n° 24, 1984, p. 3-4.
H. Behague. Itinéraires pour découvrir le patrimoine industriel. In Forum, Conseil d’Europe, n° 24, 1984, p. 14-15.

[52 M. Kosters. Focus op toerisme. ’s Gravenhage, 1981, p. 4-13.

[53Ons industrieel erfgoed. Jaarboek Vlaamse Vereniging voor Industriële Archeologie, dl 1, Gent, 1982, p. 28.



















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