9(1)suite

La focalisation affective sur le charbon risquait de négliger une sidérurgie wallonne en pleine restructuration. La naissance prochaine de l’A.S.B.L. Archéologie industrielle de la Sambre, à Charleroi, permettra sans doute de combler un vide dans ce domaine.

Dans une démarche parallèle, il faut citer le travail effectué à Bruxelles par l’A.S.B.L. La Fonderie [39]qui aménage le site de la « Compagnie des Bronzes » en un musée de l’histoire industrielle et sociale de la région bruxelloise.

L’exposition itinérante que réalise le Patrimoine industriel Wallonie-Bruxelles (P.I.W.B.), s’efforcera de souligner la variété des réalisations effectuées ou projetées.

Le souci de conservation ne doit cependant pas figer une région en empêchant sa reconversion. S’il est normal de transformer certains bâtiments industriels en musées vivants, il est nécessaire de s’orienter surtout vers la réhabilitation à fonction économique ou sociale : entreprises nouvelles, centres d’artisanat, coopératives de production, centres de recherche [40], logements [41], etc, en respectant au maximum les formes architecturales existantes. A ce niveau, le P.I.W.B. devrait mener une politique réfléchie en matière de classement.

Parallèlement au problème de la protection et de la réhabilitation du patrimoine immobilier, se pose également celui du sauvetage et de la conservation des objets de toutes natures. Les grandes expositions nationales ou internationales à Bruxelles, Liège, Charleroi ou Gand, attestent bien souvent, au travers de leur testament iconographique, de l’image du « déjà perdu ». Que de machines, parfois exemplaires uniques du génie de nos ingénieurs et du savoir-faire de nos ouvriers, qui se transforment en ferraille sous la chaleur d’un chalumeau, ou en bois à brûler !

Ici aussi une action efficace doit être menée. Pour éviter les doubles emplois, il est nécessaire d’établir de toute urgence l’inventaire de ce qui est conservé ; déterminer ensuite les carences afin de mener les prospections nécessaires.

Si l’outil se trouve déjà rangé dans la panoplie de quelques antiquaires, donc négociable, la machine, quant à elle, reste liée à sa valeur en mitrailles ... Mais, sensibilisés par la prise de conscience actuelle, les liquidateurs d’entreprises jouent parfois déjà le jeu de la surenchère. De toute façon, il faut compter de nombreuses heures de démontage et des frais de transport conséquents.

Si l’on veut éviter la disparition de ces témoins d’une évolution technologique extraordinaire, il est urgent de sensibiliser les milieux patronaux, de les inciter aux donations, maintenant que des lieux de conservation existent.

L’action menée depuis de nombreuses années par le Cominois Simon Vanhee vient de trouver sa concrétisation dans l’inauguration, le 20 juillet 1985, du Musée de la Rubanerie, déjà trop à l’étroit dans son cadre actuel, une
ancienne salle de bal.

La machine est aussi témoin. L’appareillage, les procédés de fabrication ou de mise en œuvre, le savoir-faire forment un ensemble indissociable de l’objet
lui-même.

La machine est aussi mémoire. Son sauvetage doit s’accompagner, quand c’est possible, du témoignage de ceux qui l’on utilisée ou qui y ont été
soumis.

Une fois sauvés et restaurés, les objets seront présentés, de manière vivante, dans des lieux où le visiteur pourra toucher, peser, manier. Avec eux, le musée devient lieu d’animation et de réflexion. L’apport se révèlera particulièrement appréciable au niveau de l’enseignement technique en permettant de mesurer l’évolution s’inscrivant à l’intérieur du développement industriel.

Au Bois-du-Luc, l’Ecomusée régional du Centre met en place un Centre d’Interprétation de la Vie charbonnière. On peut aussi suivre l’exemple du Musée du Textile de Fourmies [42] où une coopérative de production a été créée et qui permet de faire revivre partiellement l’activité d’une ancienne usine textile.

On peut enfin assurer un développement touristique de qualité grâce à l’utilisation de trains à vapeur et de tramways anciens, alliée à la conservation de lignes ferroviaires ou vicinales désaffectées.

Une réflexion suivie ainsi qu’une concertation générale réunissant historiens, archéologues, ingénieurs, ouvriers et artisans, pédagogues, architectes et décorateurs, etc. nous paraissent éminemment nécessaires tant dans le domaine de la restauration que dans celui de la présentation ou dans celui de
l’animation.

[1On peut cependant considérer comme dignes d’étude et de conservation certains bâtiments administratifs particuliers, comme par exemple un bureau de postes.

[2Par exemple, et pour se limiter au domaine français :
E. Carles, Une soupe aux herbes sauvages, s.l., 1977 ; A. Sylvère, Toinou, le cri d’un enfant auvergnat, Paris, 1980 réécrit par J. Malourie. Dans un autre registre, M. Gray, Au nom de tous les miens, Paris, 1971 réécrit par Max Gallo ou P.J. Helias, Le Cheval d’orgueil, mémoires d’un Breton du pays bigouden, Paris, 1975.

[3cf. l’excellente introduction à la problématique de l’histoire orale de J.P. Rioux, Histoire orale : essor, problèmes et enjeux, dans Cahiers de Clio, 75-76, 1983, pp. 29-48, parue dans un numéro thématique consacré à l’histoire orale appliquée à l’enseignement ; R. Thompson, Historiens et histoire orale dans Mémoires collectives. Actes du Colloque d’octobre 1982, Bruxelles, 1984 pp. 281-295. Voir aussi l’exposé systématique de J. Poirier, S. Clapier-Valladon, P. Raybaut, Les récits de vie. Théorie et Pratique, Paris, 1983 ainsi que H. Gaus, B. De Graeve, F. Simon, A. Verbruggen-Aelterman, Alledaagsheid en mondelinge geschiedenis, Gent, 1983.

[4Citons ici quelques ouvrages-cadres pour l’interprétation de la mémoire orale : M. Halbweghs, Les cadres sociaux de la mémoire, Paris, 1975 (réed.) ; A. Leroy-Gourhan, Le geste et la parole, 2 vol. Paris, 1965 ; P. Bourdieu, Ce que parler veut dire, Paris 1982 R. Thompson, The voice of the past, Oxford, 1978. Voir aussi divers textes édités dans Mémoires Collectives, Actes ... op. cit. P. Charaudeau Langage et discours. Paris 1983.

[5Par exemple, en Belgique, les réalisations du laboratoire Paul Brien d’Etude de l’Environnement à Treignes (ULB) et du Musée de la Pierre à Maffle (cf. Mémoires collectives, op. cit., et Cahiers de Clio, op. cit.).

[6C. Billen, Le portrait du patron, texte présenté au Ve Congrès international d’histoire orale à Barcelone, 1985.
Voir aussi D. Voldman, Entretiens avec les reconstructeurs, Contribution à l’étude d’un groupe de décideurs (France 1940-1950), Documents du Congrès cité ci-dessus, pp. 497-504 ; A. Pinol, Transformation du travail et histoire orale. L’exemple de la rationalisation aux usines Berliet pendant l’entre-deux-guerres, 4e Colloque International d’histoire orale, Aix en Provence, 1982, pp. 507-519.

[7 Moniteur belge du 31 décembre 1980.

[8Moniteur belge du 15 août 1980.

[9Moniteur belge du 5 septembre 1931.

[10Moniteur belge du 10 septembre 1976.

[11 Arrêté du 7 août 1976.

[12Arrêté du 30 juin 1982.

[13Arrêté du 14 mars 1979.

[14Arrêté du 16 octobre 1975, avec extension le 7 juillet 1976.

[15 Arrêté du 17 avril 1980.

[16Arrêté du 24 mars 1978.

[17Arrêté du 1er juin 1978.

[18Arrêté du 7 novembre 1978.

[19 Arrêté du 13 octobre 1980.

[20Arrêté du 30 juin 1982.

[21Arrêté du 20 mai 1983.

[22Cet article doit beaucoup à celui qui a été publié par Mme Ghislaine De Bièvre, Directeur de l’Administration du Patrimoine culturel dans le n° 1 (4ème trimestre 1984) de Patrimoine Industriel (Bulletin trimestriel de l’A.S.B.L. « Patrimoine industriel Wallonie-Bruxelles ») pp 8-9, sous le titre « Activités de la Communauté française en matière d’archéologie industrielle ».

[23De wet van 7.8.1931 op he ! behoud van monumenten en landschappen bepaalde het behoud van wat in historisch, artistiek of wetenschappelijk opzicht van nationaal belang was. Het decreet van 1976 kadert in deze wet, die geldig blijft voor de Brusselse Agglomeratie en voor de bescherming van landschappen.

[24In 1972 wordt de Rijksdienst voor Monumenten- en Landschapszorg (R.M.L.Z.) opgericht.
Deze dienst wordt operationeel vanaf 1973.
De Koninklijke Commissie voor Monumenten en Landschappen - Nederlandstalige Sectie - stelt zich onmiddellijk positief op tegenover de industrieel-archeologische beschermingsvoorstellen van de R.M.L.Z. In 1983 wordt de R.M.L.Z. in de Vlaamse Administratie opgenomen onder de benaming : Bestuur Monumenten en Landschappen (B.M.L.). Het B.M.L. bezit een « afdeling industrieel erfgoed », opgericht in 1977.

[25Het industrieel erfgoed wordt systematisch opgenomen in de inventarissen « Bouwen door de eeuwen heen, in Vlaanderen », uitgegeven door het Ministerie van Cultuur.
Het samenstellen van gedetailleerde tematische inventarissen per bedrijfstak, zou echter de evaluatie van het industrieel erfgoed in hoge mate vergemakkelijken.

[26De subsidiëring gaat van 30/50 % (privé-initiatief) tot 60 % (overheidsinitiatief). Het Besluit van 30.3.83 bepaalt de erkennings- en betoelagingsmodaliteiten voor herwaarderingsgebieden.

[27De subsidiëring wordt geregeld door het « decreet houdende de bekrachtiging van het Besluit van de Vlaamse Executieve van 1 juli 1982 tot bepaling voor het Nederlandse taalgebied van de verdeling der kosten voor werken aan beschermde monumenten dd. 17.11.1982 ».

[28Besluit van de Vlaamse Executieve dd. 27.3.85 (ter vervanging van het Min. Besluit van 21.10.80).
Uitzonderlijk kan deze som tot 2.000.000 F opgetrokken worden.

[29Zie hierover : Witboek van het Cultureel Onroerend erfgoed, Koning Boudewijnstichting, Brussel 1981, pp. 37 e.v.

[30Wet van 29.3.1962 houdende organisatie van de Ruimtelijke Ordening.
- Koninklijk Sesluit betreffende de inrichting en de toepassing van de ontwerpgewestplannen en gewestplannen van 28.12.1972.

[31Zie hierover : Algemeen Reglement van de Arbeidsbescherming (ARAB), Titel I.

[32Deze gevallen kunnen bijvoorbeeld op advies van het Bestuur Monumenten en Landschappen worden aangeduid.

[33Hiervan bestaan er spontane voorbeelden zoals : SANTENS N.V., Watermolenweg 2-4 te Oudenaarde, gevestigd in een textielfabriek van rond 1900

[34Zie hierover J. Verhelst, De archiefwet en haar uitvoering, in : Monumenten en Landschappen, 2e jg. nr. 6 nov.-dec. 1983.

[35Over Europese regelingen kunnen wij het vooralsnog nog niet hebben. Dit valt buiten het bestek van dit artikel.
Wel willen wij verwijzen naar de regelingen in het kader van het Europees Fonds voor Regionale Ontwikkeling : bepaalde tewerkstellingsprojecten kunnen hiermee gesubsidieerd worden, wat voor het industrieel erfgoed een laterale steun kan betekenen. Waarom zouden aldus projecten, die oudere of ambachtelijke technieken op economische basis toepassen, niet kunnen gepromoveerd worden ?
Ook hiermee is de industriële archeologie uiteraard gebaat.

[36Comité d’Information et de Liaison pour l’Archéologie, l’Etude et la Mise en valeur du Patrimoine industriel, 48, rue Saint-Lambert, F-75015 Paris.

[37Voir ci-dessus : Jacques Liébin, Le patrimoine immobilier.

[38Bois-du-Luc 1685-1985, Ecomusée régional du Centre, La Louvière, 1985, 180 pages.

[39Rue de la Colonne, 1 à 1080 Bruxelles.

[40Au Bois-du-Luc, un Centre de Recherche en Fonderie a été installé dans l’ancienne fonderie du charbonnage.

[41
La rénovation des Carrés du Bois-du-Luc, malgré sa lenteur, nous paraît un bon exemple de réhabilitation d’un habitat ouvrier ancien (1838-1853).

[42Ecomusée de Fourmies-Trélon (France), rue François Deleplace, F-5910 Fourmies.

[43Linters A. ea. Industriële Archeologie-Renovaties, Gent 1985.

[44 Kidney W.C. Tamera Stichting vzw. mededelingsblad nr. 1 jrg. 1 p. 3-14, Hasselt 1974.

[45 Wissels R., Een industrieel-archeologisch museum te Hasselt in Hasselt tussen korrel en
borrel Hasselt, 1981, p. 79-84.

[46Kidney W.C. Working Places. The adaptive use of industrial buildings ; 1976.

[47 Kidney W.C. Historic preservation of engineering works, New York 1978.

[48Alfons Thijs, Industrial archaeology as a branch of the study of the history of material culture, some theoretical and methodological considerations, dans Revue Belge d’Histoire Contemporaine, t. VI, 1975, 1-2, pp. 145-157.
J. Pazdur, L’histoire de la culture matérielle en Pologne, dans Annales, Economies, Sociétés, Civilisations, t. 17, 1962, pp. 75-84.

[49J. Liébin, Le site industriel du Bois-du-Luc, base de l’Ecomusée régional du Centre, dans Bois-du-Luc 1685-1985, La Louvière, 1985, pp. 127-129 (la notion d’Ecomusée).

[50The Institute of Industrial Archaeology. Master’s and diploma courses, Ironbridge Gorge Museum, Ironbridge, Telford, Shropshire TF8 7AW, U.K,

[51T. O’Driscoll. Tourisme et patrimoine. In Forum, Conseil d’Europe, n° 24, 1984, p. 3-4.
H. Behague. Itinéraires pour découvrir le patrimoine industriel. In Forum, Conseil d’Europe, n° 24, 1984, p. 14-15.

[52 M. Kosters. Focus op toerisme. ’s Gravenhage, 1981, p. 4-13.

[53Ons industrieel erfgoed. Jaarboek Vlaamse Vereniging voor Industriële Archeologie, dl 1, Gent, 1982, p. 28.



















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