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DOCUMENTS ANCIENS
RELATIFS AUX BATRACIENS ET REPTILES
EN BELGIQUE

I. - Le Charmeur de serpent d’Orolaunum

Georges H. PARENT
Docteur en sciences biologiques

Samenvatting

Een Gallo-romeins relief, in de XIXe eeuw te Aarlen gevonden, toont een slangenbezweerder aan. Men denkt dat dit relief een getuigen is van een oorspronkelijk
slangenverering in het ganse oosten van Frankrijk en in het Trevierland verspreid
en dat het niet mogelijk is er een verbeelding in te zien van Zagreus, de
gehoornde slang van de Keltische mythologie.

Abstract

A Gallo-roman relief, discovered in the XIXth Century at Arlon shows a snake
charmer. That engraving is considered as an evidence of an autochthonous
snake worship, which was widely distributed in the whole eastern part of France
and in the Treviri country. It doesn’t seem possible to consider it as a representation of Zagreus, the horned snake from the Celtic mythology.

C’est une prétention bien sotte
que celle de vouloir éviter les erreurs
en histoire naturelle.
Rusconi, 1821. - Les amours
des Salamandres aquatiques.

Les collections de l’Institut archéologique luxembourgeois à
Arlon comprennent une pierre mesurant 110 x 60 cm et profonde de 34
cm où l’on voit un homme barbu levant les bras autour desquels est
enroulé un serpent. La description la plus objective de ce relief gallo-
romain me paraît être celle de Waltzing (1911) : « Entre deux pilastres
surmontés de chapiteaux à feuilles d’acanthe, on voit un homme barbu qui
lève ses deux bras nus, les paumes vers le spectateur. Autour de ses bras
s’enroule un serpent. La tête du reptile se voit à côté du pouce de la main
gauche ; après avoir tourné autour du bras gauche, il passe derrière le corps
de l’homme, enroule le bras droit et lève sa queue derrière la main droite
 ».

Ce fragment proviendrait d’un pilier de type indéterminé, trouvé
à Arlon, rue de la Caserne, dans les déblais du rempart, entre 1856 et
1870 (Prat, 1873, vol I : 121). Une figure en a été publiée dans les travaux suivants, cités chronologiquement :
Prat 1874, vol. III : pl. XXXII
Birnbaum 1899-1900 : n° 17
Waltzing 1904
Sibenaler 1905 : 24-25, n° 5
S. Reinach [1897-1910], vol. III : n°3
C. Jullian 1911 : Rev. Etud. Anc., XIII
Waltzing 1911 : pl.
Demarteau 1911
Welter 1911 : fig. 2 (ou Rev. Archéol. )
Espérandieu 1913 : n° 4018

Ce relief a été interprété de manières diverses par les différents
auteurs qui l’on examiné. Prat (1873, vol. I : p. 121 n° 29) parle du « buste
d’un homme tenant des serpents dans les mains et les maniant
 ». Kurth
(1904) considère qu’il s’agit d’une sorte de « dompteur de serpents qui
élève en l’air ses deux bras autour desquels sont enroulés paisiblement
deux de ces reptiles
 ». En fait il n’y a qu’un seul serpent sur cette gravure.
Sibenaler (1905) y voit un «  mort héroïsé par le serpent, le bouclier d’amazone sculpté au-dessus de sa tête faisant partie des armes du défunt ».
Waltzing (1911) parle d’un montreur de serpents en citant un texte
ancien à l’appui de sa thèse. Le bouclier est pour lui un simple élément
décoratif, comme les pilastres qui encadrent la scène (voir aussi Anonyme 1913).



















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