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Les papiers de Jean Hellot permettent de suivre ses deux
actions d’éclat de 1744 et 1758, en faveur d’un régime dirigiste des
concessions minières dans le domaine de l’exploitation des gisements
de charbon de terre.

Un cahier entier des papiers de Caen du savant, le cahier 7,
comprenant les fascicules de classement alphabétique P1 (198 p.) et P2 (36 p.) est réservé à une documentation de détail concernant l’exploitation du charbon de terre (historique, méthodes d’exploitation, législation). Parmi les notes et observations dont le contenu a visiblement inspiré le savant, certaines ont trait au « Païs de Liège » et aux écrits de Mathias-Guillaume de Louvrex. Ainsi, en dehors d’extraits du 3e tome du Recueil de Louvrex de 1714-1735 (des textes concernant le charbon de terre) et qui servirent à Jean Hellot en vue d’établir un recueil de « termes en usage dans les mines de charbon » (Cahier 7, fascicule P1), ses papiers comprennent aussi la reproduction manu proprio d’un prétendu Mémoire sur l’exploitation du charbon de terre « au Païs de Liège » (Cahier 7, fascicule p1). Dans l’index alphabétique qu’il donne du contenu de détail de ses papiers (Bibliothèque municipale de Caen, Papiers Hellot, Cahier 10), Jean Hellot attribue le mémoire à un certain Durand d’Aubigni.

L’analyse que nous avons faite du texte en question révèle
qu’il ne s’agit point d’un texte scientifique. Le dit Durand d’Aubigni était un agent diplomatique français en poste à Liège. En cette qualité de « Résident de France » il fut sollicité par Jean Hellot qui lui posa par
courrier quatorze questions écrites, extrêmement détaillées sur les
conditions techniques, économiques, législatives et sociales de l’exploitation du charbon de terre dans la région liégeoise. Après enquête sur les lieux et consultation de documents appropriés, Durand d’Aubigni répondit au savant, avec force détails, dans le courant du mois de février 1759.

Citons en exemple la première des questions :

1° Demande : Dans le païs de Liège et environs chaque propriétaire sur le terrain duquel il y a quelque veine de charbon de terre peut-il l’ouvrir quand et comment il lui plait sans permission du gouvernement ?

Les demandes de Jean Hellot posent des questions d’ordre
technique (méthodes de travail), économique (rendement des exploitations et revenus), juridique (problèmes de voisinage et de droits, taxes et détaxes), commercial (circulation du charbon extrait, droits perçus) et social (organisation et protection du travail, dédommagement des accidentés, etc.).

Ainsi la huitième « demande » interroge : ... y a-t-il quelque personne préposée par le gouvernement pour veiller à l’exploitation des
mines ; en examinant si les travaux des mines sont bien dirigés et pour en empêcher que par négligence ou avidité les entrepreneurs n’imposent leurs ouvriers à périr par l’éboulement de terrain ?

La neuvième « demande » interroge à son tour : ... y a-t-il des
règlemens et une police pour contenir les ouvriers qui travaillent aux mines de charbon pour empêcher qu’ils ne demandent des changements de salaire, qu’un entrepreneur ne débauche les ouvriers d’un autre entrepreneur ou les ouvriers d’une mine à la mine voisine
.

Cette véritable enquête à distance se poursuit et les réponses sont celles qu’impose l’actualité du moment de l’exploitation locale
des mines de charbon. Néanmoins pour certains détails Durand d’Aubigni, qui avait entrepris de toute façon une excellente prospection du terrain, renvoie à ... Louvrex. Ainsi lorsque (douzième « demande ») Hellot interroge s’il y a des règlemens ou ordonnances de la part du prince ou des magistrats du païs de Liège concernant l’exploitation des mines de charbon ; les ouvriers qui y travaillent ou tout autre règlement sur cet objet et ajoute : on est prié d’en faire un recueil et de l’en envoyer, la réponse arrive (commentée par Hellot) : on renvoye pour cette question au troisième tome de Mr de Louvrex. Les records et édits y sont cités on pourrait ajouter à cela une copie d’un manuscrit qui donne beaucoup de méthode et de connaissances pour les difficultés qui peuvent arriver.

L’examen du recueil de termes miniers déjà cité et que la triple
démarche, scientifique, technologique et administrative de Jean Hellot
va imposer dans le langage écrit du domaine de l’exploitation du charbon de terre se révèle tout aussi profitable.

La plupart des termes sont puisés dans le Recueil de Louvrex.
Hellot même s’en explique, lorsqu’il écrit : Mr de Louvrex a rappelé dans son troisième tome, ce qui concerne les Houillères, les termes qui leur sont propres les usages avec quelques édits et recors comme aussi plusieurs plans et leurs applications ainsi que la méthode de travailler la veine ...

[1 Communication présentée au Colloque international Histoire des sciences dans l’Ancien Pays de Liège, Hommage à Marcel Florkin (1980), organisé au château de Colonster par MM. P. Laszo et R. Halleux de l’Université de Liège.

[2 Radulphe, lettre n° 5, Tannery-Clerval Astrolabium misissem vobis judicandum, sed est nobis exemplar ad alliud construendum : cujus de scientia si quid affectatis, ad missam sancti Lan(berti) non vos pigeat advenire. Forsitan non penitebit : alioquin videre tantummodo astrolabium non magis iuvabit quam « lippum pictae tabulae, fomenta podagrum ».

[3 B.R. 5649-67, IX-Xème siècle (Calcoen, 167) peut-être amené par l’abbé Olbert.

[4 Catalogue d’Anchin, n° 45 medicinalis versifice.

[5 B.R. 2419-31 (Calcoen, 56), cf. Thomas (1896) n° 17, Lacombe (1939) n° 169. Un médecin du Val-Saint-Lambert nommé Stephanus est mentionné entre 1200 et 1256 (Vercauteren, 1951).

[6 B.R. 2034-35 (Calcoen, 49), f. 159v-162v, S. XII, Cf. Van den Gheyn, I (1901), n° 388, C. Gaspar, F. Lyna, Manuscrits à peintures, I (1937), (n° 2a).

[7 Heriger, Gesta, MGH, SS, VII. 166.

[8Boece, De Consolatione philosophiae, II, 9 Tu numeris elementa ligas, ut frigida flammis, arida conveniant liquidis. Commentaires édités par W. Moll, « Bisschop Adelbold’s commentaar op een metrum van Boethius » dans Kerkhistorisch archiev verzameld door N.C. Kist en M. Moll, III, Amsterdam, 1862.

[9 S. Balau (1902b) reproduit la notice de Hyacinte Van der Meer, Bibliotheca scriptorum leodiensium, ms. BR 17639, Leonardus Belarmie monachum induit in monasterio sancti Jacobi Leodiensis vir studiosus et eruditus, scripsit non spernenda volumina de quibus
feruntur subjecta. De curatione podagrae lib. I qui ita incipit « Podagra est infirmitas pedum ».
Dicavitque Nicolao de Jardino. De regimine conservandae sanitatia lib. I Qui sic exorditur « ln vere cave frigus ». De diversis cibariis conficiendis lib. I Peste obiit anno 1401.

[10 Leyde, Bibliothèque Universitaire. BPL 191 C, s. XV. f. 135r-140v. Extracta ex libris medicinalibus.

[11 Leyde, ms. cit., f. 141 r-154v De regimine conservandae sanitatis.

[12 Darmstadt 435, f. 1r-75v De podagra.

[13 Pour le présent exposé, on se contentera d’établir la concordance entre les mss de L’abbaye et les citations du De podagra.

[14 Cité De podagra, f. 3v et 4r.

[15 Cité De podagra, f. 35v.

[16 Cité De podagra, f. 34r.

[17 Ms. Darmstadt 329.

[18 Cité De podagra, f. 10r.

[19 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[20 Ms. Wolfenbüttel 51. 1 Aug. 2°.

[21 Ms. Darmstadt 501.

[22 Ms. Darmstadt 2640.

[23 Cité De podagra, f. 14r.

[24 Ms. Darmstadt 2640.

[25 Cité De podagra, f. 4r.

[26 Cité De podagra, ff. 5r, 22v, 46v.

[27 Ms. Wolfenbüttel 51.1. Aug. 2°, cité De podagra, f. 48r.

[28 Ms. Darmstadt 319, cité De podagra, f. 4r.

[29 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[30 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[31 Ms. Darmstadt 2284.

[32 Ms. Darmstadt 329.

[33 Mss. Darmstadt 329 et 2640.

[34 Mss. Darmstadt 329 et 501 ; cité De podagra, f. 48r.

[35 Ms. Darmstadt 329.

[36 Ms. Darmstadt 501.

[37 Ms. Darmstadt 753 ; cité De podagra, f. 66v.

[38 Ms. Darmstadt 501 ; cité De podagra, f. 327r.

[39 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[40 Cité De podagra, f. 17r.

[41Ms. Darmstadt 319, cité De podagra, ff. 6r, 7v, 14v, 48r. Aussi Darmstadt 501.

[42 Cité De podagra, f. 27r, 66v.

[43Communication présentée au Colloque international Histoire des sciences dans l’Ancien Pays de Liège, Hommage à Marcel Florkin (1980), organisé au château de Colonster par MM. P. Laszlo et R. Halleux de l’Université de Liège.

[44 Certains critiques considèrent qu’au moins une partie du troisième volume aurait été rédigée par Foullon.

[45 Les papiers de Jean Hellot (Bibliothèque municipale de Caen) constituant dix cahiers
manuscrits (4259 pages, 8552 notes et observations) ne représentent qu’une partie de tout ce que le savant avait extrait et compulsé sur les questions techniques et administratives liées à l’exploitation des mines et comprennent 1447 notes et observations se rapportant à des problèmes de géologie, minéralogie et travaux miniers, soit 17 % du total de ses notes et observations. On doit d’ailleurs leur ajouter les registres manuscrits MS 2755 et MS 2756 de la Bibliothèque Mazarine de Paris, recueils de documentation de Jean Hellot et qui contiennent des notes et des observations touchant aux mines, à
l’extraction minière et à la métallurgie. Les problèmes de la législation minière (ancienne et courante) y sont bien représentés.



















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