6(2)

Quoi qu’il en soit, les ouvrages de l’érudit liégeois en question,
l’éminent jurisconsulte Mathias-Guillaume de Louvrex (1665-1734)
furent appréciés et favorablement commentés dans la Gazette.

Bien plus tard, en 1758, le Recueil des édits, règlemens, privilèges, concordats et traitez du pays de Liège et du comté de Looz de Louvrex, publié en trois volumes in-folio, entre 1714 et 1735 [44] ,se retrouve sur la table de travail de l’académicien chimiste Jean Hellot, lorsque la crise des mines du milieu du XVIIIème siècle l’obligea de se pencher sur le problème épineux de la législation minière [45].

De date relativement récente et peu développée, l’extraction
du charbon connaissait encore les dures épreuves du début et était loin de jouer tout son rôle, déjà possible, dans l’économie générale du pays. Combustible utile à faire marcher les fours et les fourneaux industriels et matière industrielle de remplacement - pour pallier au déboisement du pays - le charbon était déjà trop important au milieu du XVIIIème siècle pour qu’on laisse son exploitation au gré du hasard et de la bonne ou mauvaise volonté de ses exploitants, comme il arrivait bien souvent dans le cas des mines métalliques. De graves problèmes de propriété et de droits d’accès aux gisements, d’investissements et de techniques d’extraction obligèrent le Pouvoir à intervenir dans la crise qui, en dehors du malaise général qui en résultait, constituait aussi une certaine école politique social-populaire, car les actes émanant du Roi ou des ministres
sous forme de concessions étaient à la discrétion des révoltés et des
mutins.

Il se formait ainsi une mentalité de rébellion qui inquiétait le
Gouvernement, un apprentissage de révolution (Rouff, 1922). L’action
du Pouvoir se concrétisa par l’Arrêt ou Règlement du 14 janvier 1744,
émanant du Conseil d’Etat du Roi, fondé sur un rapport du contrôleur des Finances d’Orry et à la rédaction duquel Jean Hellot apporta une contribution essentielle. Le nouveau Règlement prêchait l’énergie et rejetait la liberté indéfinie qui avait permis des entreprises « dangereuses » et
« sans précautions », nuisibles à l’avenir de la richesse minérale du
pays. Pour ce faire, l’Arrêt de 1744 mettait en place de nouveaux rapports entre l’Etat et les concessionnaires et établissait des règles précises quant à l’exploitation des mines de charbon. Les stipulations du règlement garantissaient un minimum de conditions de sécurité aux travailleurs du sous-sol.

Tous les historiens des exploitations de mines et du régime
minier en France sont unanimes à considérer l’Arrêt de 1744 comme le
plus important de toute l’histoire des mines de France, en cela qu’il comprenait en germe, dans son texte, toute la législation future dans ce domaine si important pour l’économie du pays. Mais, ce régime était
fondé sur l’idée des concessions et non sur le principe de l’accession
à la propriété du tréfonds. Plus approprié aux besoins de l’Etat et à l’épanouissement de son économie, issu presque en entier des recherches et des convictions personnelles de Jean Hellot, il faillit être aboli en 1758.

Avocat d’un libéralisme avant la lettre et en fait précurseur des
physiocrates, Vincent de Gournay, Intendant du Commerce et membre
du Bureau de Commerce s’attaque au règlement de 1744 dénonçant la mauvaise gestion économique des régies et compagnies et, au nom de la libéralisation du commerce et de la prétendue nécessité de mise en place d’un régime de libre concurrence et de liberté totale d’entreprise, réclama l’abolition de l’Arrêt. Une abolition qui devait représenter dans le fond un remplacement, car Gournay avança pour ce faire, son propre projet. Celui-ci fut soumis au Conseil le 1er mars 1758.

L’intendant des Finances Charles-Daniel Trudaine demanda
l’avis de Jean Hellot. Ce dernier taxa le projet de Vincent de Gournay de ridicule et rédigea une note à l’intention du Conseil. Les objections
détaillées de Jean Hellot aboutirent au rejet en bloc du projet. Le régime des mines de charbon reste soumis à la prédominance de l’Etat. Par la suite il sera même renforcé, en 1783, par une confirmation royale. Le dirigisme d’Etat sortit victorieux de l’épreuve de 1758. Le procès perdu à cette date fut gagné - peut-on dire- en recours, en 1791. La « loi des Mines » issue des débats de l’assemblée nationale s’aligna en effet sur les points de vue du libéralisme économique préconisés par Vincent de Gournay en 1758. Néanmoins, vu la situation des mines de charbon en 1758, l’adoption du projet de Vincent de Gournay à l’époque se serait avérée catastrophique.

[1 Communication présentée au Colloque international Histoire des sciences dans l’Ancien Pays de Liège, Hommage à Marcel Florkin (1980), organisé au château de Colonster par MM. P. Laszo et R. Halleux de l’Université de Liège.

[2 Radulphe, lettre n° 5, Tannery-Clerval Astrolabium misissem vobis judicandum, sed est nobis exemplar ad alliud construendum : cujus de scientia si quid affectatis, ad missam sancti Lan(berti) non vos pigeat advenire. Forsitan non penitebit : alioquin videre tantummodo astrolabium non magis iuvabit quam « lippum pictae tabulae, fomenta podagrum ».

[3 B.R. 5649-67, IX-Xème siècle (Calcoen, 167) peut-être amené par l’abbé Olbert.

[4 Catalogue d’Anchin, n° 45 medicinalis versifice.

[5 B.R. 2419-31 (Calcoen, 56), cf. Thomas (1896) n° 17, Lacombe (1939) n° 169. Un médecin du Val-Saint-Lambert nommé Stephanus est mentionné entre 1200 et 1256 (Vercauteren, 1951).

[6 B.R. 2034-35 (Calcoen, 49), f. 159v-162v, S. XII, Cf. Van den Gheyn, I (1901), n° 388, C. Gaspar, F. Lyna, Manuscrits à peintures, I (1937), (n° 2a).

[7 Heriger, Gesta, MGH, SS, VII. 166.

[8Boece, De Consolatione philosophiae, II, 9 Tu numeris elementa ligas, ut frigida flammis, arida conveniant liquidis. Commentaires édités par W. Moll, « Bisschop Adelbold’s commentaar op een metrum van Boethius » dans Kerkhistorisch archiev verzameld door N.C. Kist en M. Moll, III, Amsterdam, 1862.

[9 S. Balau (1902b) reproduit la notice de Hyacinte Van der Meer, Bibliotheca scriptorum leodiensium, ms. BR 17639, Leonardus Belarmie monachum induit in monasterio sancti Jacobi Leodiensis vir studiosus et eruditus, scripsit non spernenda volumina de quibus
feruntur subjecta. De curatione podagrae lib. I qui ita incipit « Podagra est infirmitas pedum ».
Dicavitque Nicolao de Jardino. De regimine conservandae sanitatia lib. I Qui sic exorditur « ln vere cave frigus ». De diversis cibariis conficiendis lib. I Peste obiit anno 1401.

[10 Leyde, Bibliothèque Universitaire. BPL 191 C, s. XV. f. 135r-140v. Extracta ex libris medicinalibus.

[11 Leyde, ms. cit., f. 141 r-154v De regimine conservandae sanitatis.

[12 Darmstadt 435, f. 1r-75v De podagra.

[13 Pour le présent exposé, on se contentera d’établir la concordance entre les mss de L’abbaye et les citations du De podagra.

[14 Cité De podagra, f. 3v et 4r.

[15 Cité De podagra, f. 35v.

[16 Cité De podagra, f. 34r.

[17 Ms. Darmstadt 329.

[18 Cité De podagra, f. 10r.

[19 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[20 Ms. Wolfenbüttel 51. 1 Aug. 2°.

[21 Ms. Darmstadt 501.

[22 Ms. Darmstadt 2640.

[23 Cité De podagra, f. 14r.

[24 Ms. Darmstadt 2640.

[25 Cité De podagra, f. 4r.

[26 Cité De podagra, ff. 5r, 22v, 46v.

[27 Ms. Wolfenbüttel 51.1. Aug. 2°, cité De podagra, f. 48r.

[28 Ms. Darmstadt 319, cité De podagra, f. 4r.

[29 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[30 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[31 Ms. Darmstadt 2284.

[32 Ms. Darmstadt 329.

[33 Mss. Darmstadt 329 et 2640.

[34 Mss. Darmstadt 329 et 501 ; cité De podagra, f. 48r.

[35 Ms. Darmstadt 329.

[36 Ms. Darmstadt 501.

[37 Ms. Darmstadt 753 ; cité De podagra, f. 66v.

[38 Ms. Darmstadt 501 ; cité De podagra, f. 327r.

[39 Ms. Wolfenbüttel 51. 1. Aug. 2°.

[40 Cité De podagra, f. 17r.

[41Ms. Darmstadt 319, cité De podagra, ff. 6r, 7v, 14v, 48r. Aussi Darmstadt 501.

[42 Cité De podagra, f. 27r, 66v.

[43Communication présentée au Colloque international Histoire des sciences dans l’Ancien Pays de Liège, Hommage à Marcel Florkin (1980), organisé au château de Colonster par MM. P. Laszlo et R. Halleux de l’Université de Liège.

[44 Certains critiques considèrent qu’au moins une partie du troisième volume aurait été rédigée par Foullon.

[45 Les papiers de Jean Hellot (Bibliothèque municipale de Caen) constituant dix cahiers
manuscrits (4259 pages, 8552 notes et observations) ne représentent qu’une partie de tout ce que le savant avait extrait et compulsé sur les questions techniques et administratives liées à l’exploitation des mines et comprennent 1447 notes et observations se rapportant à des problèmes de géologie, minéralogie et travaux miniers, soit 17 % du total de ses notes et observations. On doit d’ailleurs leur ajouter les registres manuscrits MS 2755 et MS 2756 de la Bibliothèque Mazarine de Paris, recueils de documentation de Jean Hellot et qui contiennent des notes et des observations touchant aux mines, à
l’extraction minière et à la métallurgie. Les problèmes de la législation minière (ancienne et courante) y sont bien représentés.



















info visites 228597

     COCOF
                      Avec le soutien de la Commission
                           communautaire française