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ELECTRONICS. The International Magazine of Electronic Technology,Special Commemorative Issue.
53 (9), April 1980, 650 p.

Primo : l’histoire des techniques est le fondement de la culture de l’ingénieur ;
Secundo : l’histoire des techniques est la seule approche possible si l’on vise la compréhension des technologies dites de pointe ;
Tertio : l’histoire des techniques est la seule discipline historique qui, parfois subrepticement, se préoccupe plus du futur que du passé ;
Quarto : l’âge post-industriel sera électronique-informatique, ou ne sera pas.

Feuilleter la luxueuse brochure qu’Electronics a éditée pour fêter un cinquantenaire (puisque le premier numéro de cette importante revue date d’avril 1930 ; il était sous-titré : « Electron tubes - their radio, audio, visio and industrial applications »), c’est en somme écrire « c.q.f.d. » à la suite de chacune des quatre thèses que nous présentons, avec le sentiment, soit dit en passant, que la quatrième ne fera pas plaisir à tout le monde.

Voilà donc qu’une des plus prestigieuses revues techniques américaines se préoccupe d’histoire. A l’occasion d’un anniversaire, certes, mais le soin apporté à la composition de ce numéro montre bien que le souci historique, diachronique devrait-on dire, est plus profond, chez les éditeurs, que s’il n’était que de simple circonstance.

Voilà donc que des ingénieurs électroniciens (EE, en anglais), qui ne se préoccupent, semblerait-il, que de futur, de développement, de prospective, se penchent sur leur passé. Et le connaissent bien.

Il y a huit chapitres : Fifty years ago, How Technology got there, The radio years, At war, The solid-state era, In the Wake of the transistor, Computers and space, The digital age. Chacun de ces chapitres est copieusement illustré, écrit en style journalistique, ce qui est peut-être un peu dommage sur le plan documentaire (pas de mention des sources), mais présente l’avantage de situer les événements dans leur contexte social et politique.

Il ya deux appendices : Great innovators, Classic circuits. Le premier, une espèce de galerie des portraits, présente une dizaine d’électroniciens éminents : deux photos chaque fois, jeune et âgé, et une courte biographie. Le deuxième appendice présente, chronologiquement, les douze circuits électroniques les plus représentatifs de l’évolution dans ce domaine. Le premier circuit, datant de 1912, est l’oscillateur à triode, sans qu’un inventeur puisse être désigné, puisque l’on peut en attribuer la découverte à R. A. Fessenden, A. Meissner, Lee de Forest, d’autres encore ...

Il y a une conclusion. En quatre points : Systems, Technology, Engineers, Industries. Parmi les nombreuses idées lancées, pas nécessairement neuves, il y aurait beaucoup à grappiller. Celle-ci par exemple : « companies will find wise to invest in retraining : in fact, the troubling notion of an absolescent EE itself will become outmoded ».

J.C. Baudet

LIVRE DES SIMPLES MEDECINES ; 2 vol., reliés, sous boîtier toilé (1980) Ed. De Schutter, Venusstraat 23, B 2000 Antwerpen. - Prix : 24.000 FB + TVA (6%).
[Volume 1] : sans titre [Fac-similé du Livre des simples médecines, Codex Bruxellensis IV 1024] ; 428 p. numérotées par feuillets aux rectos, jusqu’à 214. - ISBN 2-8023-0001-6.
[Volume 2] : Livre des simples médecines / Codex Bruxellensis IV 1024 / Texte et commentaires Carmélia OPSOMER / Préface Guy BEAUJOUAN ; 291 p. - ISBN 2-8023-0002-4.
Contient : 1) Préface (p. 7-9) par Guy Beaujouan, de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (Sorbonne, Paris) ; 2) Introduction (p. 11-22) ; 3) Livre des Simples médecines [Texte adapté] (p. 23-251) ; 4) Tableau des sources (p. 253-263) ; 5) Notice codicologique (p. 265-268) ; 6) Index des noms scientifiques (p. 269-272) ; 7) Index des drogues (p. 273-284) ; 8) Index médical (p. 285-289) ; 9) Table des matières (p. 291).

Le manuscrit IV 1024 de la Bibliothèque Royale de Bruxelles contient une version très précieuse du Livre des simples médecines, traduction française d’un des principaux textes de la science médiévale. Cet ouvrage amalgame des matériaux d’origine diverse ; parmi les sources identifiées par C. Opsomer, citons Platearius, le Pseudo-Apulée, Macen Floridus (= Odon de Meung), Dioscoride, Isaac.

Les simples sont ici classés alphabétiquement. Leurs notices donnent souvent des synonymes, une brève description qui n’a rien de la précision des descriptions botaniques actuelles, l’origine (souvent l’origine commerciale plutôt que le pays de production), l’emploi médical.

Le manuscrit reproduit est abondamment illustré en couleurs, notamment de figures de plantes. Beaucoup de ces figures sont plus proches de la nature que celles qui ornent la plupart des manuscrits botaniques de la même époque (seconde moitié du XVe siècle). D’autres sont impossibles à identifier, ainsi celles que C. Opsomer rapporte à Veronica chamaedrys L. (verso du feuillet 45), à Teucrium chamaedrys L. (verso 46), à Carum carvi L. et à Cuminum cyminum L. (recto 47), etc. C. Opsomer fonde ses identifications en premier lieu sur la description et sur les synonymies, accessoirement sur l’illustration p. c. q. celle-ci ne figure pas toujours la plante décrite et p. c. q. elle peut provenir d’une tradition autre que celle du texte. Ainsi C. Opsomer rapporte à Tanacetum balsamita L. l’« Herbe Sainte Marie » (verso 104) et à Ambrosia maritima L. l’« Ambrosiana » (recto 21) alors qu’un botaniste serait tenté de rapprocher les figures de Tanacetum vulgare L. et de Teucrium scorodonia L. Je comprends moins bien qu’on rapporte à Primula veris L. l’« Herbe paralesie » (verso 104) dont la figure ne rappelle en rien un Primula et dont le texte dit qu’elle croît au pied des montagnes dans des lieux pleins d’eau, que ses feuilles ressemblent à celles de la rue et que la plante est comme un arbre. D’autant plus qu’un Primula est bien décrit et bien figuré au recto 169, et d’ailleurs identifié aussi comme P. veris par C. Opsomer.

L’identification des plantes citées dans les textes antiques et médiévaux pose encore nombre de problèmes, voire d’énigmes. Ceux qui publient un manuscrit en fac-similé et qui l’accompagnent de commentaires substantiels, même si ceux-ci prêtent quelquefois à controverse, apportent à la communauté des chercheurs des documents inestimables. C. Opsomer a droit à toute notre gratitude et à nos félicitations pour la maîtrise avec laquelle elle a résolu nombre de problèmes ardus.

Quant à la présentation matérielle de l’ouvrage, elle est de toute beauté : c’est une magnifique production d’un maître éditeur.

A. Lawalrée

[1Ce travail fut entrepris dans le cadre d’un mémoire de licence présenté à l’Université Libre de Bruxelles en 1979.

[2Essentiellement, les archives du conseil des Finances, les dossiers des douanes (A.G.R.), les archives de la Ville de Bruxelles et quelques dossiers des Archives Nationales à Paris.

[3Nous excluons de notre propos les verreries forestières de Forges-lez-Chimay et de St-Hubert, qui tant par leurs productions que par leurs méthodes de travail appartiennent encore au XVIIème siècle.

[4AGR CF 5346 fol 251.
La corde de bois la plus usitée à l’époque dans la région peut être estimée à quelque 2.2 m3.

[5AEN, fonds Douxchamps, livre de compte de la verrerie Zoude.

[6AGR CF.

[7Les tiseurs étaient les ouvriers préposés à la surveillance et à l’entretien des feux.

[8AEN conseil provincial n° 315.

[9AVB registre n° 2283.
Ce prix inclut tous les frais : port, livraison ...

[10AN. Paris F 14 4250.

[11AGR CF 5348 fol 185.

[12Le problème de l’évacuation des eaux était naturellement crucial pour tous les travaux de sous-sol.

[13 Il s’agissait d’une pompe à feu, de type Newcomen, installée dans les veines
de Fayat après 1725.

[14AEN : Conseil provincial no 315 cité par Hasquin, 1971.

[15AVB registre no 2283.

[16Le charbon était même parfois utilisé pour sécher le bois.
AGR CF 5346 fol 251.

[17AN. Paris F 14 4252.

[18AGR CF 5348 fol 209.

[19AGR CF 5348 fol 318.

[20Les tiseurs avaient coutume de regrouper ces 2 espèces sous le terme de « foyard » pour les distinguer des autres bois qui possédaient un pouvoir calorifique moins élevé.

[21Signalons que lorsque la possibilité existait, les manufacturiers réalisaient d’importantes économies de transport grâce au flottage du bois.
AGR CF 5346 fol 101.

[22Terme de verrerie signifiant que le four manque d’aliments.

[23Se dit d’un four qui s’engorge.

[24La glaie était l’ouverture pratiquée dans la paroi du four qui permettait de l’alimenter.

[25 Certains documents précisent qu’un chariot de houille contient de 11 à
12.000 livres (soit environ 1.800.000 livres par an).

[26AGR CF 5349 fol 5.

[27AGR CF 5352 fol 285.

[28AVB registre n° 2253.

[29AGR CF 5351 fol 47 et 67.

[30AGR CF 5346 fol 253.

[31Les cordes de bois sont des mesures variables selon les régions.
En moyenne, nous pouvons estimer qu’une corde de France équivaut à peu près à 1 m3.

[32AGR CF 5345 fol 17.

[33 « Lombois » à Gilly, ainsi que des parts dans les veines du « Petit Roland », « Masse », « Droit Jet », et « Favat » à Lodelinsart (Hasquin, 1971).



















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