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La stéréotypie consiste donc à prendre une empreinte de la forme typographique, puis de couler dans cette empreinte durcie du plomb en fusion de manière à obtenir une réplique exacte de
l’original [9]. Il est normal qu’une telle innovation fit du bruit à l’époque. Dumont nous dit que celle-ci causa des remous dans l’imprimerie et c’est bien compréhensible. La stéréotypie est vraiment
un pas important vers l’industrialisation de la typographie !

Foudriat possédait à Bruxelles (1840) une modeste entreprise de fonderie de caractères d’imprimerie. Il inventa un procédé mécanique pour fondre les filets et par conséquence les vendre à
meilleur compte. Mais il n’est pas le seul à faire des recherches ainsi, c’était tout à fait dans la couleur du temps (Baudin, 1960). En 1827, les Bruxellois Voglet et Foudriat firent un premier essai
de stéréotypie qui échoua, mais en 1829, Voglet recommença et parvint à un résultat qu’il était possible d’apprécier à l’exposition industrielle de 1830 (Briavoine, 1838).

4. - LA LITHOGRAPHIE

Survint alors un nouveau procédé d’impression utilisant des formes sans relief et basées sur le comportement particulier de divers matériaux (à l’origine, une pierre calcaire spécialement traitée
pour accepter ou repousser l’encre à certains endroits) : la lithographie.

Aloys Senefelder (1772-1834) a fait lui-même, à deux reprises au moins, le récit des circonstances qui lui firent découvrir la lithographie (Liebrecht, 1934). Il ne s’agit pas ici de tomber dans le récit d’aventure et d’épiloguer sur la découverte de cet art : nous laisserons donc au tiroir les anecdotes pour nous concentrer sur l’introduction et le développement de cette nouvelle technique
d’impression à Bruxelles.

Si la première imprimerie lithographique fut installée à Paris (rue du Bac) en 1815, par le Comte de Lasteyrie, le nouveau procédé ne fait son apparition timide à Bruxelles qu’en 1816.
"Tout porte à croire, nous dit Liebrecht, que c’est un des frères de l’inventeur, qui en fit chez nous les premiers essais. Henri Hymans a signalé une circulaire, lancée le 18 avril 1818,
par Ch. Senefelder, annonçant qu’il donnait depuis plusieurs mois des cours publics de lithographie." (Liebrecht, 1934).

Celui-ci occupera plusieurs ateliers à Bruxelles [10]
et dès 1819, il n’est plus seul à pratiquer cette technique ; l’engouement pour celle-ci est certain et les artistes belges sont vite
conquis par la nouveauté. Plusieurs peintres de renom utilisent le procédé qui se propage rapidement en province, on voit s’ouvrir des ateliers lithographiques à Tournai (Dewasme),
Anvers (Ubaghs), Mons (Waucquière), Gand (Kiedorff). A Bruxelles, F. Willaume installe un atelier chez lui, 2 rue de la Couronne, et publie à la fin 1820, le Journal des modes
parisiennes
. "Le Journal l’Oracle du 15 décembre 1820, déclare que les différentes livraisons de cette publication lui ont paru d’une parfaite exécution, ne laissant absolument rien à
désirer" (Liebrecht ,1934). En 1821, l’imprimeur Jobard publie les premières planches de J. B. Madou [11] qui allait devenir un des plus grands lithographes romantiques belges avec
Rops, Stroobant, Baugniet, Scubert et Lauters. Jobard, ancien ingénieur du cadrage, apporte tant de soins à ses travaux, qu’il obtient en 1828 la médaille d’honneur au concours
général de Paris ouvert à tous les lithographes d’Europe (Heusschling, 1880).

[1 M.-A. Arnould, 1976.- Quand sont apparus les premiers moulins à papier dans les anciens Pays-Bas ? in Villes d’imprimerie et moulins à papier du XIVe au XVIe siècles ; aspects économiques et sociaux.
Crédit Communal de Belgique, Coll. Histoire Pro Civitate, sér. in-8°, n° 43 : 267 -298.

[2 W. Kaefer, 1971. - L’industrie du papier à Malmedy, Dison, 60 p., voir p. 15.

[3 Salaman (1976) beschrijft een gelijkaardig doch zwaarder werktuig om gaten te verbreden. Om dat te kunnen doen, werd gewoon een cilinder op de punt van een zware snijpasser gestoken, waarvan de
doorsnede
overeenstemde met de breedte van het gat.

[4 De verstelbare centrumboor, een jonger werktuig, kan eveneens gaten van verschillende doorsnede boren doch snijdt geen schijf uit. De sponzaag daarentegen kan niet versteld worden maar zaagt wel schijven uit.
De geschiedenis van dat laatste werktuig is nog nagenoeg ongekend.

[5Vandaar de benamingen schijfboor, washer-cutter en coupe-rondelle. Men maakte ook gebruik van een stokpasser waarvan een punt door een mes of een scherpe stalen priem vervangen werd
(Karmarsch, 1860, die dan van snijpasser spreekt) of van een werktuig dat op de hier gesproken snijpasser geleek maar waar er i.pl.c. de kruk een recht hecht was of een angel die in een
booromslag geplaatst diende te worden (b.v. de niet gedateerde catalogus van de firma C.S. Osborne & C°., Standard tools : 8-9 ; Knight, 1876-84).

[6p. 310. Zie verder Maissen, 1943, m.b.t. Zwitserland ; Feller & Tourret, 1970, m.b.t. Frankrijk, doch deze auteurs identificeren het werktuig niet ; Salaman, 1976, vooral m.b.t. Engeland ; op te merken
valt dat afb. 719 waarschijnlijk een snijpasser voor hout en niet voor leer voorstelt ; Podolak, 1969, m.b.t. Tjekoslovakije ; enz.

[7Rechts van de passer, boven de fretboor, is een werktuig te zien dat niet met zekerheid geïdentificeerd kan worden. Wellicht gaat het om een dwarsaks, d.i. een timmermanswerktuig waarmee pen- en
gatverbindingen gehouwen werden. Het zou dan een van de eerste gekende afbeeldingen van dat werktuig zijn (zie David, 1977)

[8Comme nous le savons, la démarquation entre les "zones imprimantes" et les "zones non imprimantes" des formes est réalisée par diverses méthodes qui caractérisent chacune un procédé
d’impression. Les deux plus anciennes font appel à des différences de niveau. L’encre prend préférentiellement sur les reliefs, c’est le procédé typographique, ou dans des creux, c’est l’héliogravure.
La troisième méthode, la lithographie, utilise des formes sans relief, ni creux, et est basée sur le comportement particulier de divers matériaux spécialement traités (Martin, 1979)

[9Dès le début du XVIIIème siècle, des tentatives furent faites en vue d’utiliser de l’argile ou du plâtre pour prendre l’empreinte. C’est cette méthode que Didot appliqua vers 1800 ; mais la solution définitive ne fut
apportée qu’à la fin du siècle grâce au "flan". Le flan est une sorte de carton tendre qui possède une face satinée et qui convient beaucoup mieux aux exigences de la reproduction (Martin, 1979).

[10 Le premier atelier fut installé rue de Louvain n° 11. C’est là que Ch. Senefelder imprima une litho de Coene et une autre de W. B. Craan. Le miniaturiste anglais H. John, qui habitait Bruxelles, confiait en
même temps à Senefelder l’impression du portrait en pied d’un personnage populaire bruxellois, le barbier J. B. Franckx, dont on venait de fêter le centenaire. Le second atelier de Ch. Senefelder fut
établi rue de la Montagne. C’est là que sont domiciliés les portraits de deux artistes du Théâtre Royal de la Monnaie : Melle Michelot et le chanteur d’Arboville, qui venait de remporter un vif succès dans
l’opéra de Boieldieu : Le petit Chaperon Rouge (Liebrecht, 1934).

[11J. B. Madou, alors employé à Mons, avait déjà fait ses preuves, d’abord comme dessinateur calligraphe de l’armée, ensuite dans des compositions de fantaisie lorsqu’il commence à travailler pour Jobard.
Mais il allait connaître une renommée bien plus grande en tant qu’artiste lithographe dans les années qui suivent. Ses œuvres les plus remarquables sont : Scènes de la vie des peintres (1842) ;
Physionomie de la société en Europe de 1400 à nos jours (1837) etc ... (Liebrecht, 1934).

[12Jobard : rue de la Chancellerie, puis rue de Loxum ; Willaume F. : rue de la Couronne ; Vanderburgraaf : rue des Chandeliers ; Goubaud : rue d’Assaut (Liebrecht, 1934).

[13Les historiens ne sont en général pas d’accord sur le nom de son inventeur. Certains avancent les noms des anglais Bansley et Nicholson, mais ce qui est certain, c’est que le point de départ de toutes les
machines à imprimer a été l’invention de Koenig, voir Dumont p. 261 et suivantes (Perquy, 1904).

[14 Elle fait d’abord parler d’elle à Londres, où en 1814, le célèbre constructeur Koenig fournit au Times deux machines mues par la vapeur. Ces nouvelles machines furent mises en mouvement dans la soirée du 28
novembre 1814, dans le plus grand secret. En effet, le Times se méfiait de la réaction des ouvriers pressiers. Et le lendemain, le journal portait en tête de son numéro, le texte suivant :
"Notre journal de ce jour offre au public le résultat pratique du plus grand perfectionnement qu’ait éprouvé l’imprimerie depuis sa découverte ; les lettres une fois placées par les compositeurs et enfermées dans la
forme, l’on n’a guère plus qu’à rester tranquillement témoin ... il suffit de lui fournir du papier… » (Perquy, 1904).

[15 La première machine n’imprimait qu’un côté de la feuille à la fois. De perfectionnements en perfectionnements, Koenig finit par réunir le mécanisme de deux machines de manière à pouvoir imprimer une feuille
des deux côtés à la fois. La presse double (ou à retiration) était créée (1815).

[16En 1852, Degener et Weiler exposent à Londres une presse baptisée "Liberty" donnant un tirage de 1.200 exemplaires/heure.



















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