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Il s’agit de transférer un système physique fluide, l’encre, sur un solide, le papier. "Ce transfert est exécuté au moyen de structures spéciales : les formes imprimantes qui sont
conçues de manière à pouvoir accepter l’encre dans certaines parties et rester vierges dans les autres, puis céder facilement cette encre au papier qui vient à leur contact" [8].

La première grande innovation à souligner est sans nul doute la presse à bras en fer ! Mais, avant de parler de ce formidable apport à l’industrie typographique, revenons quelques
années en arrière pour observer une presse à bras et son fonctionnement. Dumont nous la décrit de la manière suivante :

"Que l’on se figure une table en bois, deux montants rejoints par une traverse, un plateau en bois, de forme carrée, se soulevant ou s’abaissant sur la table entre les montants ;
au-dessus, une forte vis en bois que l’on actionnait au moyen d’une barre de fer, pour faire descendre ou remonter le plateau".

Il est aisé de comprendre qu’avec un tel instrument, l’impression était lente et pénible autant qu’imparfaite et, pourtant, cette méthode persista pendant trois siècles et demi !

2. - LA PRESSE EN FER

Au seuil du XIXème siècle, les choses vont changer et c’est d’Angleterre que vient le progrès grâce à Lord Stanhope (1753-1816). Celui-ci, suivant l’idée de Guillaume Haas,
supprima complètement le bois au profit du métal et ainsi décupla le rendement journalier, qui passa à 2.000 ou 3.000 feuilles. Dumont explique d’une façon très détaillée le
fonctionnement de l’appareil ; nous nous contenterons d’en souligner les principales caractéristiques, car l’excès nuisant en tout, l’apport de détails trop nombreux gênerait
considérablement la lecture du présent article.

La presse à bras en fer se caractérise par son système de levier (ou barreau) qui abaissait la platine et exerçait une pression beaucoup plus uniforme. De plus, elle permettait l’impression en un
seul coup des formes les plus grandes de l’époque, ce qui accélérait le travail des ouvriers.

Dès 1818, une première presse en fer fut introduite à Bruxelles. Cette presse était dite "Colombienne", inventée par G. Clymer en 1797, elle fut généralement adoptée aux Etats-Unis et importée
en Angleterre an 1817 où elle rivalisa avec la presse de Stanhope inventée dans ce pays vers 1809 (Perquy, 1904). En même temps, apparaissent deux autres machines : "l’Albion" et la
"Washington".

"Par l’intermédiaire du Ministère de l’Intérieur, cette presse fut montée chez l’imprimeur Weissenbruch, qui en fit l’essai très favorable. Wahlen, un autre imprimeur bruxellois, importa d’Angleterre
une nouvelle presse en fer qui servit de modèle aux mécaniciens bruxellois." (Briavoine, 1838). Stanhope imagina une autre amélioration, le remplacement des ancestrales balles à encrer par des
rouleaux couverts de cuir. Mais les rouleaux de Stanhope n’étaient pas parfaitement cylindriques et répartissaient encore mal l’encre. Harrild et Donkin (1810) reprirent l’idée de Stanhope et
réalisèrent un rudiment de rouleau en enduisant d’une couche de mélasse et de colle forte un rouleau de grosse toile tendue sur un mandrin en fer (Dumont, 1903). Ce fut M. Gannal, chimiste
français, qui en 1819 parvint à fondre d’une seule pièce les rouleaux qui désormais amélioraient considérablement la qualité des encrages tout en facilitant la tâche des ouvriers, de plus ceux-ci
sont un jalon fondamental vers la presse mécanique (Dumont, 1903).

3. - LA STEREOTYPIE

Une autre étape de cette aventure prend naissance dans la famille Didot, ou devrait-on dire dans la Dynastie des Didot !
En effet, depuis le début du XVIIIème siècle, leur nom est lié aux plus belles réalisations typographiques qui soient. François, Pierre-François, Pierre, Firmin Didot sont autant de noms prestigieux
qui honorent l’imprimerie française. Et c’est encore à l’un d’eux que l’on doit les premiers essais de stéréotypage (1809). La stéréotypie classique est une méthode de reproduction des formes imprimantes. Expliquons-nous : ni les caractères métalliques, ni les gravures sur bois ne supportent des tirages prolongés. D’autre part, leur conservation en vue de
réimpressions ultérieures pose des problèmes de classement et d’encombrement. Enfin, quand il faut produire un ouvrage vite et à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires, l’intérêt est évident
de pouvoir équiper plusieurs presses avec les mêmes formes, sans devoir nécessairement recomposer.

[1 M.-A. Arnould, 1976.- Quand sont apparus les premiers moulins à papier dans les anciens Pays-Bas ? in Villes d’imprimerie et moulins à papier du XIVe au XVIe siècles ; aspects économiques et sociaux.
Crédit Communal de Belgique, Coll. Histoire Pro Civitate, sér. in-8°, n° 43 : 267 -298.

[2 W. Kaefer, 1971. - L’industrie du papier à Malmedy, Dison, 60 p., voir p. 15.

[3 Salaman (1976) beschrijft een gelijkaardig doch zwaarder werktuig om gaten te verbreden. Om dat te kunnen doen, werd gewoon een cilinder op de punt van een zware snijpasser gestoken, waarvan de
doorsnede
overeenstemde met de breedte van het gat.

[4 De verstelbare centrumboor, een jonger werktuig, kan eveneens gaten van verschillende doorsnede boren doch snijdt geen schijf uit. De sponzaag daarentegen kan niet versteld worden maar zaagt wel schijven uit.
De geschiedenis van dat laatste werktuig is nog nagenoeg ongekend.

[5Vandaar de benamingen schijfboor, washer-cutter en coupe-rondelle. Men maakte ook gebruik van een stokpasser waarvan een punt door een mes of een scherpe stalen priem vervangen werd
(Karmarsch, 1860, die dan van snijpasser spreekt) of van een werktuig dat op de hier gesproken snijpasser geleek maar waar er i.pl.c. de kruk een recht hecht was of een angel die in een
booromslag geplaatst diende te worden (b.v. de niet gedateerde catalogus van de firma C.S. Osborne & C°., Standard tools : 8-9 ; Knight, 1876-84).

[6p. 310. Zie verder Maissen, 1943, m.b.t. Zwitserland ; Feller & Tourret, 1970, m.b.t. Frankrijk, doch deze auteurs identificeren het werktuig niet ; Salaman, 1976, vooral m.b.t. Engeland ; op te merken
valt dat afb. 719 waarschijnlijk een snijpasser voor hout en niet voor leer voorstelt ; Podolak, 1969, m.b.t. Tjekoslovakije ; enz.

[7Rechts van de passer, boven de fretboor, is een werktuig te zien dat niet met zekerheid geïdentificeerd kan worden. Wellicht gaat het om een dwarsaks, d.i. een timmermanswerktuig waarmee pen- en
gatverbindingen gehouwen werden. Het zou dan een van de eerste gekende afbeeldingen van dat werktuig zijn (zie David, 1977)

[8Comme nous le savons, la démarquation entre les "zones imprimantes" et les "zones non imprimantes" des formes est réalisée par diverses méthodes qui caractérisent chacune un procédé
d’impression. Les deux plus anciennes font appel à des différences de niveau. L’encre prend préférentiellement sur les reliefs, c’est le procédé typographique, ou dans des creux, c’est l’héliogravure.
La troisième méthode, la lithographie, utilise des formes sans relief, ni creux, et est basée sur le comportement particulier de divers matériaux spécialement traités (Martin, 1979)

[9Dès le début du XVIIIème siècle, des tentatives furent faites en vue d’utiliser de l’argile ou du plâtre pour prendre l’empreinte. C’est cette méthode que Didot appliqua vers 1800 ; mais la solution définitive ne fut
apportée qu’à la fin du siècle grâce au "flan". Le flan est une sorte de carton tendre qui possède une face satinée et qui convient beaucoup mieux aux exigences de la reproduction (Martin, 1979).

[10 Le premier atelier fut installé rue de Louvain n° 11. C’est là que Ch. Senefelder imprima une litho de Coene et une autre de W. B. Craan. Le miniaturiste anglais H. John, qui habitait Bruxelles, confiait en
même temps à Senefelder l’impression du portrait en pied d’un personnage populaire bruxellois, le barbier J. B. Franckx, dont on venait de fêter le centenaire. Le second atelier de Ch. Senefelder fut
établi rue de la Montagne. C’est là que sont domiciliés les portraits de deux artistes du Théâtre Royal de la Monnaie : Melle Michelot et le chanteur d’Arboville, qui venait de remporter un vif succès dans
l’opéra de Boieldieu : Le petit Chaperon Rouge (Liebrecht, 1934).

[11J. B. Madou, alors employé à Mons, avait déjà fait ses preuves, d’abord comme dessinateur calligraphe de l’armée, ensuite dans des compositions de fantaisie lorsqu’il commence à travailler pour Jobard.
Mais il allait connaître une renommée bien plus grande en tant qu’artiste lithographe dans les années qui suivent. Ses œuvres les plus remarquables sont : Scènes de la vie des peintres (1842) ;
Physionomie de la société en Europe de 1400 à nos jours (1837) etc ... (Liebrecht, 1934).

[12Jobard : rue de la Chancellerie, puis rue de Loxum ; Willaume F. : rue de la Couronne ; Vanderburgraaf : rue des Chandeliers ; Goubaud : rue d’Assaut (Liebrecht, 1934).

[13Les historiens ne sont en général pas d’accord sur le nom de son inventeur. Certains avancent les noms des anglais Bansley et Nicholson, mais ce qui est certain, c’est que le point de départ de toutes les
machines à imprimer a été l’invention de Koenig, voir Dumont p. 261 et suivantes (Perquy, 1904).

[14 Elle fait d’abord parler d’elle à Londres, où en 1814, le célèbre constructeur Koenig fournit au Times deux machines mues par la vapeur. Ces nouvelles machines furent mises en mouvement dans la soirée du 28
novembre 1814, dans le plus grand secret. En effet, le Times se méfiait de la réaction des ouvriers pressiers. Et le lendemain, le journal portait en tête de son numéro, le texte suivant :
"Notre journal de ce jour offre au public le résultat pratique du plus grand perfectionnement qu’ait éprouvé l’imprimerie depuis sa découverte ; les lettres une fois placées par les compositeurs et enfermées dans la
forme, l’on n’a guère plus qu’à rester tranquillement témoin ... il suffit de lui fournir du papier… » (Perquy, 1904).

[15 La première machine n’imprimait qu’un côté de la feuille à la fois. De perfectionnements en perfectionnements, Koenig finit par réunir le mécanisme de deux machines de manière à pouvoir imprimer une feuille
des deux côtés à la fois. La presse double (ou à retiration) était créée (1815).

[16En 1852, Degener et Weiler exposent à Londres une presse baptisée "Liberty" donnant un tirage de 1.200 exemplaires/heure.



















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