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La Ville crée une commission chargée de l’examen de ces projets au point de vue qualité des eaux, quantité, mode de distribution, aspects
techniques, financiers et juridiques. Cette commission s’entoure de l’avis des experts des grandes villes étrangères, y délègue les siens et
demande à l’Etat l’assistance d’un ingénieur. C’est l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Carez qui sera désigné, il jouera un rôle
prépondérant dans l’élaboration et la réalisation de la première distribution d’eau moderne de la Ville.

La Commission rejette d’emblée le projet Le Hardy étant donné la qualité très médiocre des eaux captées et la difficulté que présente leur
filtration aux débits requis. En ce qui concerne la quantité, Le Hardy et Delsaux tablaient sur une consommation de l’ordre de 30 litres par jour et
par habitant, tandis que Delaveleye estimait qu’elle devait être portée à 50 ou 60 (rappelons que la consommation actuelle est d’environ
150 l/jr/hab.). La Commission fut unanime à considérer que le Service devait être continu, que l’alimentation des étages devait être assurée, que
les machines élévatoires devaient être évitées dans la mesure du possible et que l’existence des réservoirs de tête était indispensable. De
même, elle estima que le plus important des Services Publics ne pouvait être confié - comme à Londres- à des intérêts particuliers et que seule
la Ville devait l’exploiter en Régie.

Il faut signaler ici que, dans le contexte général, c’est sous l’impulsion de Rogier, ministre de l’Intérieur, que la question de Salubrité Publique est
mise officiellement à l’ordre du jour et que des comités spéciaux sont installés dans les villes et les grandes communes rurales avec pour
mission première l’organisation de nouvelles distributions d’eau, la création de réseaux d’égoûts ...

C’est dans cet esprit que la Commission, après une série d’ajournements, décida en décembre 1852 le rejet des trois projets initiaux pour
adopter celui de l’ingénieur Carez. Ce dernier, favorable à l’origine au projet Delsaux, avait revu ses positions et présenté à son
tour le sien qui s’inspirait largement de celui de Delaveleye. Au lieu de prélever les eaux de Witterzée, il captait une partie des sources du Hain à
Braine l’Alleud et l’amenait par un aqueduc à faible pente vers un réservoir de 20.000 m3 à construire à Ixelles à la cote 90 au lieu dit Arbre Bénit.
Ceci permettait d’adduire environ 9.000 m3/jour, le complément éventuel (soit 8.000 m3) pouvant être refoulé par deux machines à vapeur de
16 cv chacune à partir des sources basses de Braine. Pour assurer la distribution, quatre conduites maîtresses de 600 mm de diamètre étaient
prévues : vers la Porte Louise, vers la Porte de Namur, vers la porte de Cologne et, traversant le Quartier Léopold, vers le Quartier de la Reine.
Ces canalisations devaient être interconnectées et se ramifier dans toutes les artères de la ville.



















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