L’art de guérir par les plantes au Moyen-Âge et à la Renaissance

Souci officinal

Souci

Otto Brunfels , Herbarum Vivae Eicones ad naturae imitationem, p. 257, 1532, © KBR, INC B 767

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Nom latin :

Calendula officinalis

Le nom latin calendula vient du latin calendae, les calendes ou premier jour du mois. Dans le calendrier romain les calendes désignaient le premier jour de chaque mois, d’où aussi le nom vernaculaire de « fleur de tous les mois ». Quand à l’origine étymologique souci, elle proviendrait du latin sol sequia : qui suit le soleil , et le nom souci viendrait du bas latin solsequia, « qui suit le soleil », les fleurs du souci s’ouvrant au lever du soleil et se refermant au coucher.
En ancien français, cette expression devient soulsie. Ainsi le soulsie est devenu au fil du temps notre souci.

Famille :

Asteracées

Parties utilisées :

Capitules floraux, pétales, feuilles, suc.

Histoire :

Le souci était déjà utilisé en cuisine, en médecine et en cosmétique par les civilisations indiennes, arabes et grecques de l’Antiquité. On tirait des fleurs une teinture jaune pour les textiles. Elles étaient aussi employées en cuisine sous le nom de «  safran des pauvres  », pour ajouter de la couleur et du goût à certains plats.

On cultive la plante dans les jardins d’Europe depuis le XIIe siècle. Elle servait à déclencher les menstruations, à favoriser la sudation en cas de fièvre et à traiter la jaunisse.
Au Moyen-Âge, on le prescrit aussi contre la gale sur la tête ; également le suc, dans la farine, en cataplasme contre les ulcères   de la tête, suivi d’un lavage avec une « lessive de calendula ».
En jus dans les narines, il apaise les douleurs dentaires. Il existe aussi une prescription magique qui dit que si on s’enduit de jus de souci et d’aurone   avant de s’endormir, on se réveille dans un autre lieu ! Par ailleurs « le souci est bon pour les plaies et l’eau de souci dessèche bien ».

En eau distillée, il guérit les inflammations des yeux ; mais aussi les tremblements et battements de cœur, la peste, et « l’air mauvais ».

Au XIXe siècle, les Éclectiques, un groupe de médecins américains qui utilisaient les plantes en conjonction avec les médicaments officiels, employaient le souci pour traiter les ulcères   de l’estomac et du duodénum, la jaunisse, la conjonctivite, les brûlures et les lésions superficielles de la peau.

Au XXe siècle, les fleurs sont considérées comme sudorifiques, dépuratives, emménagogues   et cicatrisantes ; stimulantes, antispasmodiques et cholagogues  . Aujourd’hui, le souci est surtout recommandé comme cicatrisant, pour traiter les inflammations, brûlures etc. On l’utilise aussi par voie interne dans les troubles digestifs, hépatiques et menstruels, et par voie externe, dans les crèmes anti-âge.

Culture :

C’est une très jolie plante ornementale (un petit soleil miniature dont les tons varient du jaune à l’orange), très facile à cultiver, qui a tendance à devenir envahissante, se ressemant et se propageant très facilement.

Floraison  : été

Recettes :

Pommade au souci pour soigner les brûlures
Ingrédients : 2 poignées finement hachées de souci (fleurs, tiges, et fleurs), 500 g de bon saindoux
Préparation : Faites réchauffer le saindoux et, une fois chaud, ajoutez y le souci. Laissez revenir, mélangez et retirez du feu.
Couvrez et laissez reposer une nuit.
Au matin réchauffez pour que le mélange se liquéfie. Filtrez à travers un linge propre et coulez la préparation dans des pots propres.

Source : Trében M. , La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu

Compresse de souci contre les "bleus" (ecchymoses), contusions ou plaies lentes à cicatriser
Ingrédients : 1 à 2 cuillères à café de souci (avec les feuilles, tiges et fleurs), 1/2 l d’eau
Préparation : Versez ½ l d’eau bouillante sur le souci.
Laissez infuser 15 minutes
Posologie   : Appliquez en compresse tiède, pendant 1 heure, plusieurs fois par jour.

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